PÈRE LOUIS-MARIE BAUDOUIN
ORATOIRE DU PÈRE BAUDOUIN, CHARGÉ D'HISTOIRE
L’oratoire du Père Louis-Marie Baudouin, ce lieu chargé d’histoire, situé 65 rue du Palais aux Sables d’Olonne est la propriété des Sœurs Ursulines de Chavagnes. Inquiète de l’état du bâtiment, l’Association du Patrimoine Religieux a pris contact avec la Congrégation pour que des travaux de sauvegarde soient rapidement entrepris.
Les Soeurs ont accepté la proposition et le devis a été signé. L‘Association des Amis du Patrimoine Religieux a suivi de très près le bon déroulement des travaux.
HISTOIRE
C’est dans cette maison que vécut clandestinement pendant la révolution le Père Louis-Marie Baudouin, fondateur de congrégations religieuses et grand missionnaire. Voici son histoire :
Louis-Marie Baudouin est né le 2 août 1765 à Montaigu, dans une famille modeste. Après des études au grand séminaire de Luçon, il est ordonné prêtre le 19 septembre 1789 à Saint Malo, car l’Evêque de Luçon est à Paris pour les Etats Généraux.
Louis Marie BAUDOUIN
Louis-Marie BAUDOIN est né le 2 août 1765 à Montaigu. Dernier d’une fratrie de huit enfants, sa santé inquiète ses parents qui le font baptiser le jour même. Pris de cours le curé de leur paroisse arrive de mauvaise humeur. Après avoir jeté un coup d’œil au bébé déclare « Celui-là, il vivra soixante-dix ans ! ». Prophétie involontaire puisque que le père BAUDOIN décédera le 12 février 1835 à Chavagnes-en-Paillers après avoir vécu soixante-dix ans. C’est une partie de sa vie, principalement ses années Sablaises que je vais retracer rapidement :
Il a deux ans lorsque son père meurt. Sa mère, très pieuse, leur fait lecture tous les jours de l’évangile (NB à cette époque il est rare qu’une femme du peuple sache lire). Très tôt il manifeste le désir de devenir, comme son frère aîné, prêtre. Il a quinze ans lorsque sa mère décède. Il intègre le séminaire de Luçon. Pendant noviciat il souhaite intégrer les Missions Étrangère ce qui lui est refusé.
Ordonné prêtre le 1er septembre 1789 il est envoyé seconder son frère, Pierre-Martin alors curé de la paroisse Saint Mathurin à Luçon. Il fait la connaissance de Germain LEBEDESQUE, également vicaire de la paroisse, qui sera son compagnon de route dans ses pérégrinations et son sacerdoce
SOUS LA RÉVOLUTION FRANÇAISE
Sommé de prêter serment à la constitution civile du clergé de 1790, comme de nombreux prêtres, il refuse. Dans les temps qui suivent il a maille à partir avec l’évêque jureur RODRIGUE qui visite un hôpital lui reprochant de profaner les sacrements.
Arrêté, il est le premier prêtre Vendéen à être incarcéré. Libéré et assigné à résidence à Fontenay, il retrouve Germain LEBEDESQUE, qui entre-temps avait été nommé curé du Château d’Olonne. Ils se trouvent un refuge commun.
EXIL
Le décret de 1792 condamnant les prêtres réfractaires à la déportation en Guyane, il doit fuir la France. Le 9 septembre 1792, en compagnie de son frère, de Germain LEBEDESQUE et de soixante et onze prêtres il émigre vers l’Espagne. Après une longue route de 8 mois, il arrive à Tolède. C’est pendant ce temps d’exil qu’il commencera à forger sa réflexion pastorale. C’est aussi pendant cet exil qu’il perdra son frère.
En 1797, il est autorisé par sa hiérarchie à rentrer en France. En compagnie de Germain LEBEDESQUE, il passe clandestinement la frontière et gagne Bordeaux. Ils sont hébergés quelque temps par la famille MICHEAU. Les solides amitiés qu’avait liées Le père LEBEDESQUE au Château d’Olonne permettent leur retour clandestin vers Les Sables d’Olonne à bord du navire du capitaine LOUINEAU qui fait le commerce du sel.
CLANDESTINITÉ
Dans la nuit du 14 au 15 août 1797, ils débarquent cachés dans des tonneaux de sel.
Père Louis-Marie BAUDOIN se cache chez les demoiselles GUINEMAND, rue du palais (Mad ALIZARD)
Germain LEBEDESQUE se cache au CHATEAU D’OLONNE chez mademoiselle GOBERT, sœur de Mr BOISSEAU fermier de ST JEAN D’ORBESTIER.
Il convient de préciser qu’à cette époque le remblai est pour sa plus grande partie une friche côtière ce qui va faciliter les allées et venues du Père BAUDOIN qui exerce son ministère avec le souci prioritaire de favoriser l’accès aux sacrements, en visitant les malades de nuit, préparant les jeunes à la communion etc… et des fidèles qui fréquent sa cachette.
Un menuisier aménage un accès dissimulé dans la cuisine des sœurs GUINEMAND, permet d’accéder à l’oratoire* et au caveau qui sert de cachette au père BAUDOIN. Malgré de nombreuses visites domiciliaires jamais l’entrée secrète ne sera découverte. Les fidèles, pour leur part, assure une surveillance discrète du secteur de façon à permettre au père BAUDOIN d’œuvrer dans une relative sécurité. A plusieurs reprises il échappe de peu à l’arrestation.
* La maison où il a vécu clandestinement abrite aujourd’hui un oratoire. La cave où il s’est caché se visite lors des journées du Patrimoine. Ces lieux sont la propriété des Sœurs Ursulines de Chavagnes qui perpétuent ainsi la mémoire de leur fondateur.
RÉFLEXIONS
Cette période de retraite forcée nourrira sa réflexion. Il en découlera plusieurs réflexions importantes :
- Probablement influencé par son séjour en Espagne et le serment prêté par les enseignants de l’université d’Alicante il écrit « La profession de foi et consécration de l’immaculée conception de Marie » qui sera signée le 15 août 1798 par 141 femmes et 30 hommes
Il écrit ce qu’il est convenu d’appeler la règle Sablaise qui aujourd’hui encore régit l’ordre des Sœurs de Chavagnes-en-Paillers :
« Il faudrait commencer par l’éducation de la jeunesse, tout l’espoir de l’Église de France est basé sur la génération qui s’élève…les femmes pourraient beaucoup dans cette grande œuvre…nous entrons dans une ère nouvelle, il faut oublier la douce solitude de vos monastères pour donner l’éducation chrétienne aux jeunes filles de toutes classes de la société non plus dans vos cloîtres mais un milieu dont il faudra satisfaire les besoins dans une vie pauvre, laborieuse et toute apostolique » .
- Les vœux de religion qu’il prononce avec le père LEBEDESQUE en 1800 entre les mains de l’un de l’autre en y ajoutant le vœu de pureté de foi
L’idée de la création des pères missionnaires de Saintonge.
Ce ne sont là que les principaux éléments qui nourriront la suite de son sacerdoce.
RENCONTRE DE MÈRE SAINT-BENOÎT
Pendant sa claustration il rencontre une ancienne sœur hospitalière de la Rochelle réfugiée dans sa famille, Charlotte RANFRAY qui sous le nom de mère SAINT-BENOIT sera la première mère supérieure de la congrégation qu’il fondera à Chavagnes-en-Paillers après la signature par BONAPARTE du concordat.
NAISSANCE DE LA CONGRÉGATION
En 1801 le père BAUDOIN nommé curé de Chavagnes-en-Paillers il y est rejoint en 1802 par la mère SAINT-BENOIT et cinq compagnes. La congrégation enseignantes des religieuses du verbe incarné et de l’immaculée conception est née.
En novembre 1803 : création premier noviciat des Filles du Verbe Incarné.
un séminaire naît à Chavagnes : 3 élèves, en 1805 : 70, en 1806 : 130 …
1805 : début de la petite société des Enfants de Marie (groupe de prêtres pour une vie religieuse).
Pour poursuivre leur mission les sœurs seront reconnues sous le nom d’Ursulines de Chavagnes puis après leur fusion avec les sœurs de Luçon sous la dénomination d’Ursulines de Jésus (A ne pas confondre avec les Ursulines dites Romaines)
L’œuvre éducatrice initiée par le père BAUDOIN se perpétue dans le monde entier par ce que nous appelons communément les sœurs de Chavagnes
LA ROCHELLE
En 1812 le séminaire de Chavagnes est transféré à La Rochelle sur ordre de Napoléon. Le P. Baudouin part à la Rochelle.
Il est supérieur du Grand séminaire et Vicaire général du diocèse.
Il est aussi le fondateur des Pères de Chavagnes ou plus précisément des Fils de Marie Immaculée. Ces prêtres œuvrent dans des paroisses en Vendée ou ailleurs.
LUÇON
En 1821, le diocèse de Luçon est rétabli. Le Père Louis-Marie Baudouin vient à Luçon.
Il est de nouveau Supérieur du Grand Séminaire et Vicaire général du diocèse.
En 1825, fatigué, usé, il donne sa démission de Supérieur du Séminaire et demande à son neveu de l’accueillir dans son presbytère à Luçon.
En août 1828, la Mère Saint-Benoît meurt sur la route de Saintes en allant visiter une communauté.
SES DERNIÈRES PAROLES
Rappelé à DIEU le 12 février 1935 à l’âge de 70 ans, il prononce ces dernières paroles :
« Voici le dernier conseil que je vous donne : Aimez-vous les uns les autres »
« O Marie, je remets mes enfants entre vos mains, je vous les donne, ils sont à vous. Ne les abandonnez jamais ! »
« Oui mes enfants vous êtes à Marie, ne l’oubliez pas, ne l’oubliez pas vous êtes à Marie »
Le père Baudoin inhumé dans le cimetière des Ursulines reçoit la visite de nombreux fidèles venus invoquer son patronage, obtenant pour certains, la grâce de leur guérison.
Le transfert de sa dépouille dans la Chapelle de la maison mère des Ursuline ne met pas fin à la venue des fidèles et aux guérisons dues à son intercession.
D’autre guérisons ont été constatées après que les malades aient été mis en présence d’une des croix confectionnées avec le bois du premier cercueil du Père Baudoin et réparties entre les différentes maisons de la congrégation.
On recense environ 25 guérisons attribuées à son intercession
Il est déclaré Vénérable 2012 par le pape Benoît XVI. Comme le confiait à l’occasion une sœur âgée « Je crois que le Père Baudoin ne veut pas être canonisé ! »
APPENDICE
Le Père Lebédesque n’a pas fait l‘objet d’une dévotion particulière. On ne sait pas son lieu de sépulture. Il est décédé à Chavagnes-en-Paillers , sans doute y a t-il été inhumé. Dans ‘Une vie du P. Baudouin », il est dit qu’il priait en passant près de la tombe du P. Lebédesque. L’ancien cimetière de Chavagnes se situait alors près du séminaire et de l’église, ce qui est devenu depuis 1956 un parking au nom de Place des Martyrs ( Voir Mairie )
L’acte de dévotion à l’lmmaculée Conception a été prononcé devant la statue Notre Dame de Bon Secours, il a été signé par 171 (où 175) personnes selon les « Vies de L.M. Baudouin ».
Le Père Michaud précise « quinze ou vingt personnes qui se pressent autour de lui ». Dans ce cas il y aurait eu plusieurs groupes. On ne connaît pas le lieu, peut-être la cachette car on sait aussi qu’il y avait une possibilité de passer de la cachette à la maison mitoyenne de Mme Alizard.
Nous ne savons rien de l’origine de la Statue de la Vierge, ni du sculpteur…
Texte de la banderole :
« Regardez-nous comme votre bien, votre héritage.»
« O Marie, je remets mes enfants entre vos mains; ils sont à vous pour le temps et pour l’éternité »
La première phrase est extraite de la formule de consécration du 15 août 1798 et la seconde fait partie des dernières paroles du Père Baudouin.
Elles ont donc été peintes après la mort de L.M. Baudouin.
L’aménagement de ce lieu date des années 1924-1926, au moment où Mlle Grondin en fait don au P. Gallais, Fils de Marie lmmaculée qui lui-même le cède à la congrégation des Ursulines de Jésus.
Cet historique a été inspiré du texte du site des Ursulines de Jésus.
Vous souhaitez en connaître plus sur les Ursulines de Jésus et Père Louis-Marie Baudouin, cliquez sur le lien de leur site ci-dessous :
https://www.incarnationweb.org/Louis-Marie-BAUDOUIN-la-vie-mouvementee-d-un-fondateur.html