L'Abbé Gélot : mémoire d'un homme de foi
Tombe de l’Abbé Gélot au cimetière Arago des Sables d’Olonne
1.SON HISTOIRE
SA NAISSANCE
Figure marquante du paysage religieux vendéen, il est né le 3 avril 1808 à Saint-Michel-Mont-Mercure.
SON PARCOURS
Son parcours ecclésiastique témoigne d’un engagement profond au service de la formation spirituelle et de la vie pastorale. Il fut successivement directeur du Petit Séminaire des Sables, puis du Grand Séminaire de Luçon, avant d’être nommé supérieur du Petit Séminaire des Sables en 1859.
SON IMPLICATION DANS LA VIE LOCALE
Son implication dans la vie locale se manifesta également sur le plan civique : en 1863, il se présenta aux élections municipales et fut élu avec 226 voix, preuve de la confiance que lui accordait la population.
DÉCÈS DE L'ABBÉ GÉLOT
Cet homme de foi s’est éteint le 19 octobre 1864. Il repose aujourd’hui au cimetière Arago des Sables d’Olonne, dans une sépulture remarquable : une sculpture de pierre en forme d’église, véritable hommage à son ministère.
TOMBE DE L'ABBÉ GÉLOT
Ce monument funéraire, d’une grande beauté architecturale, est malheureusement altéré par l’exposition aux éléments et les outrages du temps, ce qui lui confère une aura mélancolique mais profondément émouvante.
La concession fut acquise par Louis Tenaud, prêtre économe du séminaire, témoignant du respect et de la continuité de l’héritage spirituel.
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Photo d’archives du panégyrique de l’Abbé Gélot par l’Abbé Ferdinant Baudry
La photo d’archives du panégyrique de L’abbé Gélot, étant très peu lisible, nous avons pris soin de vous écrire son contenu ci-dessous :
PANÉGYRIQUE DE L'ABBÉ GÉLOT
La mort de l’abbé Gélot, supérieur du petit séminaire des Sables d’Olonne
L’abbé Gélot, supérieur du petit séminaire des Sables d’Olonne, est décédé le 19 octobre à trois heures du matin dans sa cinquante-septième année. Il a été accompagné à sa dernière demeure, le 21, par 65 prêtres, par les autorités civiles et maritimes et par l’élite de la population des Sables.
Les débuts de l’abbé Auguste Gélot
Né à Saint-Michel-Mont-Malchus, le 3 avril 1808, l’abbé Auguste Gélot fut nommé directeur, au sortir du grand séminaire, d’abord au petit séminaire des Sables, puis au grand séminaire de Luçon. Après vingt-quatre ans d’absence, il revint aux Sables au mois d’octobre 1859, envoyé par Mgr Delamarre, avec le titre de supérieur du séminaire. La ville, pour honorer son retour, ne tarda pas à l’acclamer par ses suffrages, membre du conseil municipal. C’est aux Sables et dans son cher séminaire que, cinq ans après, il devait mourir de la mort des justes.
L’abbé Gélot, homme de société et homme de Dieu
L’abbé Gélot unit dans sa personne deux qualités qui semblent inconciliables aux yeux de bien des gens : il fut un homme de société et un homme de Dieu.
Un homme apprécié dans tous les milieux
Les fonctions d’économe qu’il exerça, avec un rare talent, pendant près de trente années, le mirent en relation avec les cultivateurs, les artisans et les propriétaires de tout rang et de toute condition. Ils n’eurent tous qu’à se louer de ses procédés, de ses bonnes manières et de sa gracieuseté. On a souvent répété que la politesse était le parfum de la charité. L’abbé Gélot fut l’homme poli par excellence. Plein d’égards et de bonté pour les petits, il brillait dans les salons des grands par sa courtoisie et par une conversation où la simplicité évangélique, recommandée par le Sauveur du monde, était rehaussée par la dignité du maintien et par une réserve et une prudence toute sacerdotale. L’homme du peuple frappait avec confiance à sa porte, sûr de le trouver avec un visage épanoui et une parole bienveillante. Le fonctionnaire public, le magistrat, l’heureux du siècle aimait à échanger avec lui des visites, et, au sortir de ces entretiens souvent répétés, il était forcé de s’écrier, comme l’artisan : « Quelle bonne figure ! quelle parole aimable ! quel cœur ! »
L’affection de l’abbé Gélot pour ses élèves
Le cœur, voilà la source et le secret du bien qu’il a fait à tant d’âmes dans le cours de sa vie ; il aimait le prochain. Les plus près de son cœur étaient ses chers élèves. Aussi, chaque année, à la rentrée des classes, les recevait-il comme un père. Il les embrassait avec une effusion d’amitié inexprimable ; il s’informait de leur santé, de celle de leurs parents avec une touchante sollicitude. « Oh ! comme je suis aise de vous revoir, disait-il à chacun d’eux ! Soyez le bienvenu, cher enfant ! et que Dieu vous bénisse comme je vous bénis moi-même. » Un jeune homme reçu de cette façon oubliait père, mère, parents et amis ; il se disait : « Ici, j’ai un père qui me tient lieu de tout. » et, à peine échappé des bras du vénéré supérieur, il travaillait avec une ardeur dévorante pour acquérir de la science, sans aucun souci, comme l’enfant de la maison.
Le témoignage d’un homme du monde
Un homme du monde imbu de certains préjugés contre le clergé, témoin, un jour, de cette tendresse paternelle du digne supérieur pour l’enfant qu’il plaçait dans son établissement, en fut ému jusqu’aux larmes ; il ne cessait de répéter après : « Cinq minutes d’entretien avec cet aimable prêtre m’ont donné plus de religion que tous les sermons de mon curé. » Le séminaire, dans ces conditions, n’était pas une prison pour l’élève, mais un séjour agréable, délicieux ; et souvent quelques pleurs mouillaient sa paupière quand il fallait lui dire adieu. Aussi la mort de l’abbé Gélot a-t-elle été un coup terrible pour ses chers enfants d’adoption. L’un d’eux, écrivant à son curé pour lui apprendre la triste nouvelle, lui disait : « La plume me tombe des mains, les larmes me gagnent, je n’y vois plus, et mon émotion est partagée par tous mes camarades ; nous sommes tous chagrins, parce que nous avons perdu un père. »
L’abbé Gélot, un homme de Dieu
Si l’abbé Gélot fut un homme du monde qui sut se faire aimer, il fut avant tout un homme de Dieu. Chaque jour il consacrait un temps assez considérable au saint exercice de la prière et de l’oraison. Animé d’une foi ardente, il ne s’approchait qu’en tremblant de l’autel du Dieu vivant ; il célébrait avec une grande piété et une admirable ferveur. Pendant l’adorable sacrifice, on lisait sur son visage qu’il communiait avec Dieu. Sévère envers lui-même, il commandait avec empire à ses sens et, pour les tenir dans un état perpétuel de mortification, il s’était fait un devoir de suivre, à peu près à la lettre, les règles austères tracées par saint Ignace et par Tronson sur la modestie.
L’abbé Gélot, directeur et guide des futurs prêtres
Un homme de Dieu ne se contente pas d’être un saint, il cherche à sanctifier les autres. Telle est la noble mission que s’imposa l’abbé Gélot du moment qu’il fut nommé directeur dans les séminaires. Aux Sables il s’étudia à faire aimer la religion et à inspirer de la piété à ses élèves. A Luçon, il chercha, par tous les moyens possibles, à faire de saints prêtres des jeunes lévites qui lui confièrent le secret de leur conscience. Il les dirige avec une grande sagesse et les préparait de loin aux sublimes fonctions du sacerdoce et de l’apostolat catholique. Il les soutenait de ses conseils et les éclairait de son expérience et de ses lumières.
L’accompagnement des séminaristes après leur formation
Sortaient-ils du séminaire pour aller, à leur tour, travailler au salut des âmes, il les suivait dans leurs vicariats pour éclairer leurs doutes, résoudre leurs cas de conscience, et les faire respirer encore, par l’onction de ses entretiens, quelque chose de l’atmosphère de vertu dans laquelle ils avaient vécu pendant leur noviciat au sacerdoce. Son zèle allait les trouver jusqu’à dans leurs cures quand ils avaient reçu de leur évêque la charge pastorale, non point pour leur faire porter le joug d’un maître, mais pour s’édifier avec eux, et parler à cœur ouvert, et dans l’épanchement d’une sainte amitié, de Dieu, de son amour, du prix des âmes et des vertus qui conduisent au ciel.
Un directeur spirituel profondément aimé
Prêtre du Seigneur, qui dans l’espace de vingt–neuf années, l’avez, tour à tour, choisi pour votre directeur, dites-nous si tel ne fut pas l’homme de Dieu qui vient de descendre dans la tombe ?
Dites-nous si ce n’est pas à lui que vous devez en partie, l’amour que vous avez pour l’étude et la prière et le zèle qui vous dévore pour le salut de vos frères, armes puissantes qui vous rendent, sur la brèche, redoutable aux ennemis de Dieu et de son Église ?
Les derniers instants de l’abbé Gélot
L’abbé Gélot est mort avec la conscience d’avoir beaucoup fait pour entretenir le clergé dans ses habitudes traditionnelles de régularité et de vertu. Cinq heures avant d’entrer dans son éternité, il levait sa main mourante pour le bénir une dernière fois dans la personne des professeurs du petit séminaire qui avaient réclamé cette dernière consolation. Le clergé vendéen ne le paiera pas d’ingratitude, mais se souviendra longtemps des leçons et des exemples qu’il lui a donnés.
L’abbé Ferdinand Baudry
Curé du Bernard

